Conférence mondiale de la jeunesse : Prenons place autour de la table !

Ibrahim Chenouf, membre du comité d’animation du FFJ, revient sur sa participation en juin dernier à Lisbonne à une grande conférence ministérielle autour de la jeunesse ! Dans ce témoignage, il partage son expérience et interroge la place de la jeunesse dans la co-construction des politiques publiques.

Du 21 au 23 juin, j’ai eu la chance de participer à la Conférence Mondiale des ministres de la Jeunesse et du Forum Mondial de la Jeunesse organisés à Lisbonne par le gouvernement portugais, le conseil national de la jeunesse (CNJ) et en partenariat avec l’ONU.

Cette conférence a eu lieu 21 ans après la déclaration de Lisbonne de 1998.

J’étais présent en tant que Jeune délégué français au nom du Forum Français de la Jeunesse (FFJ) accompagné par Léonard Ly Tri (Jeune délégué du CNAJEP) et Gabriel Attal (Secrétaire d’État auprès du Ministre de l’Éducation Nationale et de la Jeunesse).

Cet événement était important par sa taille, plus de 130 délégations nationales étaient présentes, et par son enjeu qui était de signer une nouvelle déclaration commune favorisant la co-construction des politiques de jeunesse.

Je profite de ce moment pour analyser cet événement et la participation de la France.

2 objectifs principaux sont à retenir :

  1. Réunir tous ces pays pour réaffirmer autour d’un texte commun consensuel des recommandations permettant de mettre en œuvre des politiques et des programmes de jeunesse.
  2. Partager les retours d’expériences et les bonnes pratiques à l’aide de groupes de discussions autour de sujets prometteurs :
    • Transitions des jeunes, compétences et travail décent
    • Innovation et transformation digitale
    • Population et développement
    • Droits humains et de la jeunesse
    • Gouvernance et participation
    • Développement durable

Le premier objectif est un succès, une déclaration a été ratifiée par l’ensemble des pays.

Retrouvez l’intégralité de la déclaration

Le second objectif est un échec.

Aucun temps d’échanges n’a été programmé entre les jeunes délégués et les ministres en charge de la jeunesse. Le seul temps « d’échange » ou plutôt d’expression était un temps de parole de 2 minutes à répartir entre le jeune délégué et le ministre selon leur convenance. Ainsi, certains pays ont permis à la jeunesse de s’exprimer (librement ?) pendant au maximum la moitié du temps. Pour le cas de la France, nous avons opté pour l’équité. Le Secrétaire d’État disposait de 1 minute et les Jeunes délégués aussi. De plus, nous étions libres de nos propos.

Lors de ce discours nous avons rappelé les outils de co-construction mis en place en France, dont la loi égalité citoyenneté, la clause impact jeunesse ou le Conseil d’Orientation des politiques de Jeunesse (COJ).

Nous incitons donc dès aujourd’hui les élus à oser, à être audacieux, et à croire en cette jeunesse pour répondre d’une même voix aux enjeux mondiaux auxquels nous faisons face. Utilisons cette volonté commune et ces outils pour réagir dans les temps aux enjeux climatiques actuels. La jeunesse et la planète l’exigent ! Soyons à la hauteur !

Léonard Ly Tri et Ibrahim Chenouf

Quel dommage de ne pas avoir réussi à élaborer des échanges constructifs entre pays permettant de répondre au discours d’Antonio Gutteres, Secrétaire Général des Nations Unis lors de la clôture de la Conférence:

« Il n’est pas suffisant d’écouter les jeunes et de leur offrir une place à la table des négociations, désormais, c’est à nous de nous asseoir à votre table »

Extrait du discours d’Antonio Gutteres

Cet événement a eu pour mérite de parler de la jeunesse et de son implication dans les politiques globales, même si les méthodes utilisées lors de la conférence n’étaient pas à l’image des conclusions tirées et des méthodes d’éducation populaire prônées par les différents conseils nationaux de jeunesse.

Nous pouvons retenir plusieurs points, la volonté des États d’inclure la jeunesse dans sa diversité sans la traiter à la marge de notre société. la volonté d’agir pour le climat en s’aidant des forces vives que représente la jeunesse. Et la volonté d’inscrire l’agenda 2030 des Objectifs de Développement Durable dans les calendriers respectifs des pays.

Cet événement m’a permis de me rendre compte de l’ampleur d’un événement international, de l’impact que pouvait avoir des recommandations de l’ONU pour certains pays en développement et de la place de la France dans ce macro système.

Ne nous arrêtons pas à ces déclarations et beaux discours, mettons les en œuvre ! Quels que soient les conseils, les réunions, les tables rondes, les sujets, n’oublions pas d’inclure la jeunesse dans la construction de nos décisions !

Demain, posons-nous la question: Comment vais-je impliquer la jeunesse sur ce sujet ? Entreprises, élus, acteurs de la société, vous avez les moyens de penser différemment en incluant davantage la jeunesse. Des associations existent pour vous aider quelque soit le sujet.

La jeunesse ce n’est pas pour demain, c’est pour aujourd’hui !

2030 arrive vite, nous espérons ne pas attendre 21 ans pour voir un événement de ce type se reproduire. D’ici la prochaine conférence, le FFJ restera attentif à l’application de cette déclaration en France et sera présent pour aider les acteurs (entreprises, associations, acteurs publics…) à davantage inclure la jeunesse dans tous les organes de décision.

Ibrahim Chenouf